THE BLACK FEATHER

by LYDIA MARCEAU

Freelance

4 mai 2015


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En voilà un article que j’étais censée écrire depuis un petit bout de temps! Je fais partie du club des freelances depuis tellement longtemps que je ne sais même plus quand j’ai démarré! 5 ans? 7 ans? J’ai eu plusieurs entreprises, plusieurs statuts, cumulé plusieurs casquettes… je n’arrive toujours pas à croire que cela ait duré tout ce temps. Je m’étais dit qu’un article sur ma vie pro pourrait peut-être éclairer tous ceux qui se posent des questions dessus ou qui m’envoient des CVs par mail (vous n’avez rien raté, je ne recrute pas pour info, ce sont des candidatures spontanées – je ne sais pas pourquoi). Pourquoi avoir choisi cette voie? Pourquoi avoir persisté? Ecrire cet article m’a d’ailleurs permis de faire une mise au point sur comment je voyais mon avenir.

Here is an article I was supposed to write for a little while! I’ve been taking part of the club of freelancers for so long that I do not even know when I started! 5 years? 7 years? I had several businesses and still can not believe that it has lasted all this time. I guess a blogpost about my work life as a freelancer could perhaps enlighten all those who have questions about it or people who send me resumes by email (nope, I am not recruiting anybody, these are unsolicited applications – I do not know why I receive them). Why did I choose this path? Why keep on working as a freelancer? I also designed my kind of future while writing this post.

Origines

Mon profil est purement digital. J’ai commencé dans le développement en créant mes premiers sites à 15 ans, alors que le haut débit commençait à devenir accessible au grand public. J’adorais le principe de construire de ses propres mains et la liberté qu’offrait Internet. Je fais partie d’une des générations qui a connu la vie non connectée (et même la vie sans téléphone portable! ça fait bizarre de se remémorer cette époque). Dans la foulée je me suis mise au graphisme, qui est la suite logique de la création de tout site internet puisque les logiciels de retouche contribuent à leur embellissement. Depuis, j’ai toujours eu un espace d’expression et de création sur le net (site, blog, forum et/ou réseaux sociaux) en parallèle de mes études, stages et jobs.

Pourquoi devenir freelance?

Parce que je n’aime pas le monde de l’entreprise en tant que salariée, tout simplement. Les horaires figées, le piston quasi-obligatoire pour obtenir des responsabilités (double piston exigé lorsque vous êtes une femme), une grande maîtrise de la psychologie pour contrer les manipulations des nombreux collègues et chefs malveillants, le manque de souplesse du code du travail français qui donne toutes les excuses aux patrons d’exercer une pression sur vous etc. La liste est très longue d’autant plus que je me lassais vite des missions qu’on me confiait et je ne voyais pas mes 40 prochaines années rythmées par un tel univers. Pas sans avoir tenté autre chose au préalable.

La liberté

C’est incroyable de se réveiller chaque matin et de se dire « je fais ce que je veux ». Au bout de toutes ces années, cette sensation s’accentue et je commence à peine à réaliser la chance que c’est. Pas d’horaires fixes. Pas de routine dans les missions. Les weekends peuvent commencer un mardi 12h et se terminer un jeudi 16h si on le décide. Sortir le soir en semaine sans se poser de question. Je fais tout ce que j’ai à faire mais selon un planning que JE décide. Psychologiquement, ce qui fait une nette différence avec un vie de salariée, c’est le plus grand pouvoir que j’ai sur ma vie.

La qualité de vie

La vie de freelance me permet de profiter de nombreux petits conforts qui me rendent le quotidien plus doux. Je peux rentrer chez moi déjeuner bio. Je peux faire du sport à n’importe quelle heure. Je fais des pauses quand je veux. Je pars en vacances quand je veux. Je fais mes courses en dehors des heures de pointe. Je vis en dehors des heures de pointe tout cours. Je ressens peu souvent le besoin de relâcher la pression, par conséquent je me sens détendue et je compense peu par de la consommation.

Le travail

Plutôt travailler AVEC les gens et non pas pour eux. La nuance est énorme. Vous êtes un entrepreneur, on vous prend plus souvent au sérieux qu’un simple salarié. Car si vous êtes un entrepreneur chevronné, on suppose que vous avez les épaules larges et qu’on peut difficilement faire pression sur vous. Donc on se retient de vous rabaisser, on est plus courtois, on vous estime. Tout de même, on essaiera parfois de vous doubler, de vous arnaquer ou de ne pas vous payer et il faudra remettre les fourbes à leur place. Etre bon dans ce que vous faîtes est la base de départ car vous allez vous retrouver face à beaucoup de concurrence. Aussi, avoir un réseau, c’est mieux, surtout dans les prestations de service.

La diversité

Il vaut mieux diversifier un maximum ses sources de revenus. Etre indépendant en travaillant avec une seule entreprise, c’est contre-productif. Au lieu d’être libre et à l’aise, on devient dépendant, stressé et précaire. Le mieux est donc d’avoir plusieurs clients ou plusieurs casquettes. Personnellement mon expertise s’étend sur plusieurs domaines considérés comme différents mais cependant intimement liés avec des clients distincts (consulting stratégique pour le digital, graphisme et développement). Si je perds un contrat, ce n’est pas la fin du monde, j’ai en principe du temps pour me permettre d’en trouver un nouveau.

Pas cool

On travaille beaucoup plus qu’un salarié. Si on ne travaille pas, on ne gagne pas d’argent (pas de congés payés, pas de chômage). Le salaire est instable. Les banques et les proprio ne nous aiment pas trop. Et lorsqu’on a une grosse rentrée d’argent, on se doit d’en économiser la grande majorité car cela sert de caution (pour acheter ou louer un appart, investir dans son affaire, en cas de pépin, prévoir de changer de vie si son activité s’arrête etc.)

Les pièges

Etre freelance, ce n’est pas être en vacances. On doit mettre un réveil et se lever tôt car on a une liste interminable de choses à faire. Lorsque je suis tentée de trainer chez moi, je prends mon ordinateur portable et je me rends dans un café pour faire le point sur mes to-do lists. Rien que le fait de mettre le pied dehors me booste. Lorsque je suis triste ou déprimée, j’organise mon planning en essayant d’intégrer des moments bien-être comme des pauses shopping, ciné ou relaxation en guise de récompenses. Au final, une fois lancée, elles me sont inutiles mais le fait qu’elles soient prévues si vraiment j’en ai besoin me rassure.

La personnalité

Je ne conseillerais pas cette voie à tout le monde car pour en profiter à sa juste valeur, il faut avoir une certaine insouciance intimement liée à une grande confiance en soi. Je crois aussi qu’être freelance convient tout particulièrement aux créatifs et aux personnes intuitives, des personnes qui n’ont pas besoin de l’approbation des autres pour avancer et qui évoluent mieux « hors du cadre ». Lorsqu’on est freelance, on est le seul décideur, peu de personnes n’ont d’intérêt à nous voir nous épanouir, on ne compte que sur soi-même. Si on n’assume pas sa personnalité, on vacille au moindre petit obstacle (et ils sont nombreux).

Une école de vie

La diversité des choses à gérer est telle qu’avec le temps, on en apprend des choses sur le monde qui nous entoure! On se crée une double perspective : on découvre à la fois le pire des gens qui nous entourent d’un coté et les plus grands plaisirs de la vie de l’autre. A part si vous avez des tendances sociopathes qui vous blasent de tout, vous vivez chaque expérience à fond de manière authentique, aussi bien le positif que le négatif. La bonne nouvelle, c’est qu’en principe vous profitez largement plus que vous ne subissez ;)

La suite

Je ne sais pas encore combien de temps je continuerai à maintenir ce lifestyle que j’affectionne tout particulièrement. Je pense constamment au lendemain, j’essaie toujours d’avoir un ou deux plans d’avance. Ca me permet de mieux appréhender l’instabilité du quotidien. Cette instabilité est mon moteur, rien de mieux que la difficulté pour stimuler la créativité!

 

Origins

My profile is purely digital. I started in development by creating my first sites at 15, while broadband was becoming mainstream. I loved the principle of building something by myself and freedom of Internet. I am part from a generation that experienced the unconnected life (and even life without a mobile phone! It’s weird to remember that time). Then I started graphic design, which is a logical extension of the design of any website since editing softwares contribute to their embellishment. Since then I have always created and expressed myself on the net (website, blog, forum and/or social networks) in parallel of my studies, internships and jobs.

Why did I become a freelancer?


Because I simply don’t think as an employee. Fixed hours, co-opting to get responsibilities (twice more co-optation is required when you are a woman), psychology skills to counter the malicious manipulation of many colleagues and bosses, the inflexibility of the French labour laws which give a lot of excuses to bosses to put pressure on employees etc. The list is very long, especially as I quickly got tired of the jobs I got and I could not stand thinking about my next 40 years punctuated by this world. At least, not without having a try in something else.

Freedom

It’s amazing to wake up every morning and say to myself « I do what I want ». After all these years, this feeling is accentuated and I just started to realize how lucky I am. No fixed hours. No routine. Weekends can start on a Tuesday and end on Thursday if I want. Nightlife during the week without asking any question to myself. I do all I have to do but on a schedule that I decide. Psychologically, it makes a clear difference compared to an employee life out of the greatest power I have over my life.

Quality of life

The freelance life makes me enjoy many little things that sweeten my days. I can go home to cook an organic lunch. I can do sport at any time. I make breaks whenever I want. I choose my holiday breaks. I do shopping at off peak hours. I avoid peak hours. I rarely feel the need to release the pressure, so I feel relaxed every day and do not consume that much to feel good.

Work

I rather work WITH people and not for them. The nuance is huge. When you are an entrepreneur, people takes you seriously more often than when you are just an employee. That’s because if you are an entrepreneur for long time, people assume that you are strong so they do not easily put pressure on you. People tend to put you down less more intelligently, they are more courteous as they estimate you. Still, they sometimes try to betray you, steal you or refuse to pay your bills, so you will have to be firm with them. Being good at what you do is the basis because there are a lot of competition. Also, having a network is better, especially in tertiary.

Variety

It is better to diversify your revenue sources. Being independent in working with one single company is unproductive. Instead of being free and at ease, you become dependent, stressed and insecure. The best is to have several clients or jobs. Personally my expertise spans several areas considered different but still closely linked with distinct clients (digital strategist, graphic design and development). If I lose a contract, it’s ok, I should have enough time to find a new one.

Not cool

You work a lot more than employees. If you don’t, you do not earn any money from anyone. Salary is unstable. Banks and flat owners do not like us a lot too. And when you get a big revenue, you must save it because it will be your guarantee (if you would like to buy or rent an apartment, invest in your business, in case something wrong happens, plan a change life etc.)

Traps

Freelance does not mean holidays. You must keep on an alarm clock and get up early because you have a lot to do. When I feel lazy, I grab my laptop and go out to a cafe to have a look at my to-do lists. Going outside motivates me. When I’m sad or depressed, I organize my schedule trying to integrate wellness breaks as shopping times, movie break or relaxation as a reward. Finally, once I started to work, nothing stops me so I don’t especially need these breaks but I feel secure to have them.

Personality

I would not recommend this path to everybody because if you want to enjoy it, you must have a kind of insouciance intimately linked to self-confidence. I also believe that being freelance is particularly suited to creative and intuitive people, who do not need the approval of others to move forward and evolve better « outside the frame ». When you are freelance, you are the only decision maker, too few people have an interest in seeing you flourish, it’s all about yourself. If you do not love your personality, you will crumble in front of any obstacle (and there are many).

School of Life

The variety of things to manage is huge so you learn a lot of things about the world which surrounds you! It creates a double perspective: you discover both the worst of people on one side and the real great pleasures of life on the other side. Except if you have sociopathic issues and hate life, you live everything genuinely, both the positive and the negative. The good news is that you should enjoy a lot more than you suffer ;)

To be continued…

I do not know yet how long I will maintain this lifestyle that I particularly like. I constantly think of the next steps, I always try to have one or two B plans. It helps me apprehend the daily instability. This instability is also my fuel, there’s nothing better than difficulty to stimulate creativity!

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